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Pie TSHIBANDA W.B. « Je ne suis pas un sorcier » (Roman).Remarque: ceci est le premier livre publié par Pie. Ce n'est pas le texte de l'actuel spectacle. (voir agenda).

 Jenesuispassorcier

PREFACE (par V.Y. MUBINDE)Avec ce roman, Pie Tshibanda s’affirme nettement comme un auteur fécond et talentueux.
Son livre, le troisième, ne propose pas seulement un récit alerte et agréable mais s’attaque à ce qu’il y a de plus insistant et de plus résistant dans notre tradition comme dans notre présent : la sorcellerie, c’est-à-dire la contrainte la plus vigoureuse et la plus constante de nombre de vies zaïroises et africaines. Ainsi donc sous forme romanesque, ce qui nous est proposé à voir, ce sont les entrelacs et les contradictions soumis à cette loi majeure de nos sociétés africaines.
C’est une question ouverte et sincère qui s’étale : le père, sceptique face à l’universalité du mal, interroge le fils critique : 
« Eh bien, sers-toi de tes connaissances et fais des recherches (…) Cherche les fils conducteurs qui vont du sorcier à la victime et qui permettent l’ensorcellement. Et si le grand fil conducteur est la foi, la crainte, la culpabilité, explique alors comment ça se fait que le sorcier agisse à distance sur quelqu’un qui ne croit pas en lui. Y aurait-il des fils conducteurs inconscients ? »

Ce n’est pas là, seulement, une interrogation ouverte mais la problématique de ce récit modeste et courageux : quel exercice de la pensée et de l’intelligence mettre en œuvre pour combattre le mal et, éventuellement, le combattre ? Et l’auteur paraît penser que la réponse ne serait pas donnée dans les oppositions faciles et paresseuses entre la science et la tradition africaine, mais dans une recherche attentive des normes de la loi d’antipathie, penchant général et universel de la loi de sympathie.

 J’ai beaucoup aimé ce texte. Il déploie ce qui enchaîne, il dit avec simplicité exemplaire l’inexprimable qui dans le bruissement des rapports humains reconduit le mal et il affirme tranquillement ses surprises. Et du coup, ce qui s’impose c’est un cri, la vérité de l’innocence que tous nous portons : Je ne suis pas un sorcier et pourquoi l’être ?

V.Y. MUDIMBE
Professeur à l’Université